La pression des clandestins sur l’Europe n’a jamais été aussi forte

C’est l’agence européenne Frontex, chargée du contrôle des frontières extérieures de l’Union européenne, qui le dit.

Son dernier rapport confirme la hausse importante de l’immigration clandestine, alors que certains croyaient qu’un pic indépassable avait été atteint en 2011, lors des révolutions arabes (Tunisie, Libye, Égypte). Tout indique que les migrants clandestins savent utiliser toutes les facilités que leur offre l’espace de libre circulation de Schengen, qui a conduit, bien imprudemment, à la suppression des frontières intérieures. Profitant de la générosité européenne en la matière, ils jouent sur l’arsenal de règles et de lois à leur disposition pour entrer en Europe et se protéger — l’affaire Leonarda le prouve.

Ainsi, les demandes d’asile ont augmenté de 30 % (353 998 dossiers) en un an et, en parallèle, les décisions de renvoi ont baissé de 16 %, avec 160 000 retours effectifs seulement. Les profiteurs du système savent qu’il vaut mieux arriver en Europe sans papiers, ce qui facilite leur dossier. En perdant opportunément ceux-ci, ils peuvent ainsi s’inventer un passé de victimes, afin d’accréditer leur demande d’asile. Frontex note aussi la forte hausse de faux documents estampillés “République française”: ils représentent 10 % des passeports et 30 % des visas détectés. Le “couloir turco-bulgare” est devenu la principale voie d’accès à l’espace Schengen, avec une moyenne de 1 000 entrées détectées chaque mois. Deux aéroports turcs, Ankara et Antalya (respectivement 6 et 5,7 millions de passagers par an), sont des plaques tournantes pour le départ vers l’Union européenne.

Ces chiffres alarmants ne sont pourtant que la partie visible de ce phénomène migratoire. Ils ne concernent en effet que les seuls migrants interceptés à la frontière ou rattrapés après. Par définition, ceux qui réussissent à passer au travers des mailles du filet ne sont pas répertoriés. Frontex identifie pourtant trois pays qui concentrent 40 % des clandestins détectés : la France, l’Allemagne et la Suède. En France, précise Frontex, le nombre de ces illégaux a même augmenté de 26 % en 2013.

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